La Gobinière, c'est encore la campagne.
Joseph et Jeanne Vincent, propriétaires d'un ensemble de tanneries quai de Versailles à Nantes décident d'y construire un château avec des dépendances.
Au rez-de-chaussée se trouvent le grand salon, le salon de musique et la salle à manger. Les chambres occupent le 1er étage. Au 2ème étage se situent la bibliothèque et les chambres des domestiques. Quant au sous-sol, il abrite les cuisines et la laiterie.
En cette fin de 19ème siècle, il règne à la Gobinière une douceur de vivre. En famille ou avec des amis, on y coule des jours paisibles. Les mariages au château revêtent un faste particulier. C'est la belle époque.
Pendant un temps, les deux fils de Joseph, Léon et Félix, se partagent la propriété. A la mort de Léon en 1907, Félix rachète la part de son frère, parvenant ainsi à conserver l'intégrité du domaine.
Le 21 septembre 1913, Félix meurt. C'est son fils prénommé également Félix qui hérite du château et des cinq hectares de parc
Le train de vie et les charges d'entretien de la Gobinière contraignent Félix Vincent fils à vendre. Les Sœurs Dominicaines Contemplatives achètent la propriété et la transforment en cloître. Les grilles du parc se referment alors pour de longues années. Le rez-de-chaussée du château est transformé en chapelle.
Le château s'est lentement délabré. Une fois de plus les charges d'entretien pèsent trop lourdement sur les propriétaires. Les Dominicaines cèdent la Gobinière aux religieuses de la Retraite. C'est la fondation de la maison Massabielle. Sous cette nouvelle dénomination , La Gobinière devient un lieu de recueillement et de silence spécialement destiné aux journées de récollection et de retraite spirituelle.
D'importants travaux sont entrepris : installation de l'eau courante, du tout à l'égoût, du chauffage, du gaz, révision des réseaux électriques.
D'autres aménagements intérieurs avec ouvertures de lucarne portent la capacité d'accueil du château à 40 chambres. Le grand salon est transformé en chapelle.

La Gobinière en 1960 (photo), vous pouvez voir en arrière plan que les maraîchers occupent la majeure partie de l'ancienne propriété des Vincent.
Une nouvelle salle, qu'on appellera plus tard « Salle du Parc » y sera construite.
Une fois de plus, le domaine est à vendre. Le diocèse ne peut plus faire face aux dépenses financières.
Michel Baudry, alors maire d'Orvault, convainc le conseil municipal de le racheter : « J'ai désormais la conviction que nous devons nous orienter vers l'achat de la propriété Massabielle car nous regretterions, par la suite, de ne pas l'avoir fait au profit de la commune. »
La Gobinière redevient la Gobinière. Dès son acquisition, le site se voit assigner l'action culturelle pour vocation dominante. L'école de musique occupe d'abord les communs puis le rez-de-chaussée du château.
Les communs sont restructurés de manière à accueillir diverses activités culturelles. Les Ateliers de la Gobinière, en particulier, y prennent leurs quartiers et contribuent depuis à l'animation du site : cours, stages, expositions, conférences.
L'ancienne salle de la Grange abrite les spectacles.
Le parc, lui-même est le théâtre de nombreuses manifestations d'envergure : fêtes interquartiers, festival des enfants et de la Nature...
Mais le site est aussi un lieu de convivialité (réunions familiales et amicales dans la salle du parc, promenades dans les allées calmes et verdoyantes). C'est aussi un lieu d'accueil pour les enfants. La maison de la petite enfance abrite une halte garderie et reçoit les centres de loisirs. Des locaux dont la serre sont mis à la disposition de l'association départementale des amis et parents d'enfants inadaptés, les Papillons Blancs et de l'institut Médico-éducatif d'Orvault.
Quant au château, sa renaissance connaît bien des vicissitudes.
On parle d'en faire une auberge de jeunesse. Mais devant l'ampleur des travaux de remise en état, le Groupe de Recherche et de Concertation Orvaltaise (le GRECO) chargé de la réflexion sur le devenir du château envisage sérieusement sa destruction. Fort heureusement cette hypothèse est vite écartée.
Le GRECO remet ses conclusions à la municipalité. Le projet finalement retenu s'en inspire largement. Il est d'abord procédé à une réfection de la toiture qui retrouve son état d'origine à savoir suppression des lucarnes ouvertes par les sœurs de la retraite. Presque simultanément intervient le ravalement de la façade.

A 17h30, un incendie se déclare dans la charpente. Très vite, la toiture et le dernier étage sont ravagés par le feu. L'eau et le froid se chargeront des autres niveaux.

La toiture sera rapidement refaite mais les travaux de réhabilitation des intérieurs ne seront entrepris qu'en 1994.
Après un séjour bien inconfortable dans la salle du parc, suite à l'incendie du château, l'école de musique intègre ses nouveaux locaux qu'elle partage avec le Cercle Celtique d'Orvault futur CCBO et les Accordéonistes du Val d'Orvault.
Le château est restauré et accueille la Direction des affaires culturelles et du sport de la Ville. Un programme d'expositions est proposé au rez de chaussée.
Les anciennes écuries devenues pour un temps espace Toulouse Lautrec sont réaménagées en salle de spectacle de 200 places. Le théâtre de la Gobinière est né. Il reçoit, en 1999, le prix départemental des rubans du patrimoine. Sa convivialité et la complicité qu'il permet entre les artistes et le public lui valent rapidement un franc succès. La même année, le parc est rebaptisé parc Michel Baudry.
Le hangar situé en bordure de l'avenue Félix Vincent et que la Ville a acheté en 1990, est métamorphosé en un magnifique lieu de création picturale. Il abrite désormais les Ateliers de la Gobinière. Ce bâtiment est antérieur au château. Longtemps il a servi au stockage d'engins agricoles. Puis à partir des années 30, il a été successivement loué à un maraîcher, à un fabricant de parpaings, à un carrossier, à un marchand de meubles, à un peintre, à une société de confection de vêtements et à un storiste.
Chaque année des dizaines de milliers de personnes fréquentent la Gobinière, devenu au fil du temps un centre culturel éclaté au cœur d'un parc boisé. Un lieu original où la modernité s'est ancrée dans des lieux hérités de l'Histoire.