« Le bourg consiste en une douzaine de maisons bâties autour de l'église et peuplées d'environ 100 habitants. L'église s'élève sur un rocher, entourée du cimetière. C'est de cette pieuse enceinte que la vue se promène avec plaisir sur la vallée du Cens » ainsi témoigne l'écrivain Edouard Richer dans son livre « Voyage à la forêt du Gâvre par les communes d'Orvault, Vigneux et Blain » A cette époque, la vie au bourg est rythmée par de petites industries : la filature de coton qui deviendra plus tard une minoterie, une carrière qui fournira des pierres pour les fondations de la cathédrale de Nantes et dans le bas du bourg fonctionne un ancien moulin à foulon devenu moulin à papier en 1818. L'accès au bourg se fait par le vieux chemin « de la Patache » dont la pente, trop forte, met à rude épreuve les attelages et les gros charrois.


Julien de la Brosse, propriétaire du château de Plessis, devient maire. C'est le premier des Guillet de la Brosse qui pendant près d'un siècle et demi occuperont la fonction de maire. La même année, le cimetière entourant l'église est déplacé. Il est désormais situé au départ de la route qui conduit au village des Anges.
L'église située sur l'actuelle place Jeanne d'Arc est détruite. L'édifice datait de la fin du Moyen-Age. Au même emplacement une deuxième église est construite. Très vite, ce nouveau bâtiment montre des signes de vétusté du fait de sa construction défectueuse et du manque d'entretien. Cette seconde église dont on conservera les marches jusqu'en 1980 sera détruite au début du XXème siècle.
Le petit bourg se désenclave avec la construction du Pont aux Prêtres qui permet en franchissant le Cens de rejoindre le Bas Cormier
Située au dessus des anciennes carrières de granit du bas du bourg, l'école des filles St Gildas ouvre ses portes. Soixante filles fréquentent l'école dès son ouverture. Cette école fermera début 1990.
Le bourg comporte 32 maisons pour une population de 200 habitants. La famille de la Grée se résigne à vendre sa propriété de plus de 1000 hectares. Le riche armateur nantais Noël Vincent en achète une partie et lance la même année la construction du château de la Grée. 1850 c'est aussi l'année de la construction de la mairie école.
Construction de la chaussée de la Chancellerie (future rue Hubert de la Brosse)
Conséquence de la crise économique de 1846 et surtout de la concurrence des grandes industries nantaises, l'activité industrielle au bourg s'essouffle. Le maire Louis Guillet de la Brosse commente ainsi la situation « Un certain nombre d'ouvriers se trouvent sans ouvrage par suite de la fermeture de la filature de coton ainsi que par la suspension de travail, trois jours par semaine, de la carrière ».Le maire utilise alors tous les fonds disponibles au budget pour venir au secours des ouvriers nécessiteux. L'activité industrielle au bourg ne se développera guère après cette période douloureuse. A noter que la famille Grimaud alors propriétaire du moulin de la fabrique reconvertit, peu après, la filature en mine.
Construction du pont qui enjambe la Rousselière
Construction du Grand Calvaire sous l'impulsion de Jean Richeux, curé de la paroisse. La réalisation de l'édifice et le transport de sa croix à dos d'hommes suscitent alors beaucoup d'émulation et aussi de fierté parmi les paroissiens. En 1894, une forte tempête emporte la croix qui était en bois. Elle est remplacée en 1895 par une croix en ciment armé coulée sur place dans un coffrage.
Alfred de la Brosse achète le domaine de la Grée. De 1907 à 1910, le châtelain occupe la fonction de maire.
Bâtie au pied du grand calvaire sur un terrain donné par la famille de la Brosse, l'école Saint-Joseph, ouvre ses portes. D'abord école de garçons, elle devient mixte en 1971.
Construction du lavoir. Il est régulièrement fréquenté surtout le lundi par des laveuses professionnelles. Son utilisation s'achève en 1961 avec l'établissement du service d'eau dans le bourg.
Le 26 décembre, l'abbé Richeux bénit la première pierre de la construction de l'église actuelle. L'édifice est bâti sur l'immense potager du presbytère qui s'étendait entre la route de la Carrière et celle du Pont-aux-Prêtres et ce jusqu'au parc de la Grée. La construction dure deux ans.
280 orvaltais résident au bourg pour une population communale de 1830 habitants. La place de l'église est réalisée lors de la construction des routes départementales dont elle est le carrefour.
Le 28 mai, Orvault inaugure sa nouvelle église qui, faute d'argent ne possède pas de clocher. Les deux cloches de l'ancienne église sont alors installées provisoirement, sur le mur du cimetière qui borde le chemin de la Mairie.En 1901, les moyens de transport traditionnels n'ont guère évolué. Les bicyclettes sont rares. C'est donc à pied ou avec les diligences du Père Bouvier qu'on se rend à Nantes. L'entreprise compte deux grandes voitures, un break et 7 chevaux. Il y a trois départs par jour ; à 6 heures, à 10 heures, et à 17 heures. L'entreprise assure également le transport du lait pour les cultivateurs de Bel-Ebat, la Garnison, Montcellier, les Anges, le Landreau, le Bois-Cesbron, la Bugallière. Au retour le Père Bouvier jetait les bidons vides, dans le fossé, sans prendre le temps de s'arrêter.
Un incendie ravage la minoterie qui sera reconstruite en 1904.
La première guerre mondiale éclate. Les hommes sont au front. La Carrière devenue moins rentable, ferme. Le bourg perd alors une grande partie de sa population ouvrière. L'excavation du site sera comblée dans les années 1970.
Le maire Gilbert de la Brosse inaugure le monument et la plaque à la mémoire des morts de la 1ère guerre mondiale. 77 orvaltais sont tombés au champ d'honneur.
Electrification du bourg
Après 34 ans d'attente, l'église possède enfin son clocher. L'inauguration a lieu le 2 avril avec la bénédiction des quatre cloches. L'année 1935 sonne le glas des diligences de l'entreprise Bouvier. Jusqu'à sa mort en 1946, le Père Bouvier racontera l'histoire de ce transport en commun réputé pour ces voyages à rallonge à cause des arrêts imprévus dans les cafés.
Le 7 août, l'armée allemande s'installe à Orvault. Le château de la Tour devient la Kommandantur. La mairie, le presbytère, les écoles et la minoterie sont occupés. Les troupes d'occupation paradent les dimanches après la messe, du grand calvaire à la mairie, afin d'impressionner la population.
A la suite des bombardements sur Nantes, la commune accueille 2 400 réfugiés dont Marguerite et Robert Le Ricolais. Tous deux s'installent dans une petite maison rue du chêne, aujourd'hui dénommée rue Robert Le Ricolais. Robert Le Ricolais est à la fois architecte ingénieur-chercheur et artiste. Il est très connu aux Etats-Unis pour ses propositions d'un urbanisme d'anticipation : les cités spatiales. En juin 1977, iI décède à l'hôpital américain de Neuilly. Quant à sa femme, Marguerite, elle immortalise sur ses toiles les sites enchanteurs de la commune. Elle disparaît en 1982.
La statue de Notre Dame de Boulogne parcourt une partie de la France. Partie de Lourdes, le 28 mars 1943, elle traverse le bourg le 19 juillet, sur un magnifique tapis de fleurs, pour gagner St-Herblain. Une immense foule accueille le cortège. En ces temps troublés, on peut craindre le pire. Fort heureusement rien ne se produit. Quant au voyage de la statue, il s'achève à Paris le 29 juin 1946. Le 9 août 1944, les allemands fuient Orvault. La ville est libérée par les troupes américaines. Malheureusement, 5 habitants sont accidentellement tués lors des affrontements avec les allemands.
Visite du Général de Gaulle au château du Loret chez la famille de la Brosse. Le Général n'y restera que quelques heures, le temps pour lui de rencontrer les personnalités et les délégués ouvriers du Rassemblement du Peuple Français de la région nantaise.
Ouverture du nouveau cimetière au lieu-dit « la Croix du Landreau »
Faute d'entretien le château de la Grée qui date de 1856 se délabre. Racheté par des lotisseurs, il est détruit en juin. Commencée à 9h du matin, la démolition s'achève à 19heures. Sa construction avait durée 6 ans. Le parc est ensuite divisé en un certain nombre de résidences.
L'ancien cimetière est désaffecté. La même année, la commune compte une nouvelle école : l'école du Vieux Chêne.
Le foyer des Personnes Agées du Gué Florent ouvre ses portes et compte 80 pensionnaires.
Inauguration de la nouvelle mairie qui est juxtaposée à l'ancienne
Construction de la Frébaudière salle polyvalente de 600 places sur les terres d'une ancienne ferme.
Constitué d'un ensemble de fermes, le petit village de la Salle se transforme peu à peu en lotissement.
La commune fait l'acquisition de la Ferme du Landreau pour une opération d'habitat social. 119 logements locatifs et 39 pavillons seront construits. Le bâtiment principal datant du XIXè est conservé.
Le 15 novembre, le logement foyer pour personnes âgées du Petit-Raffuneau est inauguré.
La minoterie cesse définitivement son activité
L'ancienne carrière a été comblée afin de construire des bâtiments municipaux. Le 23 avril, on inaugure le Centre de Culture et de Loisirs du bourg, dénommé Maison de la Carrière, qui abrite la bibliothèque et plusieurs associations.
On fête avec éclat le bicentenaire de la Révolution
Le lavoir a subi les ravages du temps. Ne souhaitant pas le voir disparaître, la Ville le restaure.
La ville réorganise les espaces publics du bourg. Derrière l'église, les baraquements de la Grée sont détruits afin d'aménager un parking. L'ancienne bibliothèque disparaît. La route de Basse-Indre change de visage. Parallèlement aux travaux communaux, l'ancienne minoterie est démolie, remplacée par un immeuble de standing. Cette année là, on fête « Orvault au début du siècle »
Les promenades à vélo autour de la place Jeanne d'Arc ne sont plus possibles. La place Jeanne d'arc est réaménagée ainsi que la rue Saint-Léger, le rond point de l'église et la rue Robert le Ricolais. Le restaurant municipal est créé à proximité de l'école du Vieux Chêne.
De nouveaux logements voient le jour avec la construction de la Résidence d'Orvault
Les terrains aux alentours de l'école Saint-Joseph sont urbanisés. De nouveaux immeubles et de nombreux pavillons apparaissent dans le paysage.
Pour chaque nouvelle naissance, la Ville plante un arbre et créé ainsi le « Bois de l'avenir ». Au total près de 400 arbres poussent tranquillement dans la vallée du Cens. Le 1er janvier, les Orvaltais sont invités à franchir la « porte de l'avenir » installée à l'entrée de la petite rue St Léger.
La Ville aménage un skate parc tandis que la paroisse inaugure la salle Saint-Léger. Cœur de la commune, le bourg d'Orvault compte aujourd'hui 2220 habitants, un nombre qui avec le futur lotissement des Garettes, augmentera dans les prochaines années. Habiter le bourg c'est goûter aux charmes d'une ville à la campagne qui a toujours su conjuguer harmonieusement nature, patrimoine et espaces urbains.

